Showing posts with label artiste. Show all posts
Showing posts with label artiste. Show all posts

Tuesday, September 18, 2012

Répine, peintre de la Russie impériale ou révolutionnaire ?


Les Bateliers de la Volga, 1870-1873.
Huile sur toile, 131,5 × 281 cm.
Musée d’État Russe, Saint-Pétersbourg.


Les Bateliers de la Volga. Des hommes en plein labeur, des cordes nouées autour de leur poitrine, tirent, traînent de lourds bateaux plein de marchandise. Hommes ou bêtes de somme ? Ils avancent imperturbables, les yeux perdus dans le vide, tout à cette tâche qui leur permet de survivre.

Ilya Répine, peintre de la Russie du tsar. C’est ce que l’on pourrait penser d’un peintre connu pour ses toiles historiques ou ses portraits de personnages officiels. Et pourtant bien au contraire, je dirais que Répine a été le peintre du peuple russe, celui montrant la réalité de la vie difficile en Russie au début du xxe siècle. Les Bateliers de la Volga en est l’exemple parfait.

Il campe ses personnages en pleine souffrance ou dans des scènes anecdotiques du quotidien. Dans ses portraits, le modèle n’est jamais mis en valeur, mais bien représenté tel qu’il est, jeune, vieux, beau ou laid.

Imaginez l’écrivain Léon Tolstoï labourant un champ dans sa maison de campagne. Il a certainement dû le faire car, proche de la terre, il possédait un vaste domaine agricole, mais c’est une scène mettant à mal son image d’intellectuel auprès du grand public : Répine l’a osée.


Ilya Répine, Léon Tolstoï labourant un champ, 1887.
Huile sur carton, 27,8 x 40,3 cm.
Galerie d’État Tretiakov, Moscou.



Séance solennelle du Conseil d’État le 7 mai 1901, 1903.
Huile sur toile, 400 x 877 cm.
Musée d’État Russe, Saint-Pétersbourg.


Mais comme pour échapper à ce dur monde populaire, il peint aussi des portraits de personnages officiels, des scènes politiques, la vie des proches du tsar. Il assiste par exemple à des séances de l’Assemblée russe et n’oublie aucun des hommes qui faisaient la vie politique d’alors. Quel écart entre ces notables en habits officiels, pleins de vie et bien nourris, et les malheureux travaillant le long de la Volga, chaque jour courbés sur la misère de leur vie.

Ses toiles sincères et détaillées seront considérées comme des témoignages précis de l’oppression tsariste pour le régime communiste, qui va les utiliser pour sa propagande. Répine est le peintre de la vie politique, rurale, intime du peuple russe au début du xxe siècle. De la Volga à la Douma, que d’imagination !

Le musée Bunkamura présente en ce moment une sélection des œuvres de ce grand peintre russe. Si vous ne pouvez faire le déplacement jusqu’au Japon, vous pouvez consulter le livre Ilya Répine de Grigori Sternin et Jelena Kirillina.

Monday, August 13, 2012

Titien et la gloire de la culture anglaise ?

La National Gallery de Londres présente en ce moment une exposition reliant la série des Métamorphoses de Titien, peintes pour Philippe II d’Espagne, à l’art contemporain anglais.

En cette période de jeux olympiques en Angleterre, le but est bien sûr de glorifier la création culturelle anglaise. Des peintres contemporains, danseurs et poètes anglais ont la chance d’être présents dans la National Gallery.

Mais pourquoi Titien ? Quel est le lien entre son travail, en Italie, au xvie siècle, et la création actuelle anglo-saxonne ?

Je dirais spontanément : aucun. Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de leur démarche et avoir choisi un artiste anglais comme Hogarth ou Turner ?

Le thème des Métamorphoses n’a pas non plus de rapport évident avec les jeux olympiques, choisir les Douze Travaux d’Hercule aurait été plus judicieux.

Toujours est-il que cette exposition est l’occasion d’admirer trois grandes toiles d’un des maîtres les plus importants de la Renaissance italienne, réunies pour la première fois dans le même musée. Afin d’en savoir davantage sur Titien et de pouvoir pleinement apprécier son travail, vous pouvez consulter Titien, un livre complet sur cet artiste.


Titien (Tiziano Vecellio), Diane et Actéon, 1556-1559.
Huile sur toile, 184,5 x 202,2 cm.
The National Gallery, Londres.



Titien (Tiziano Vecellio), La Mort d’Actéon, vers 1565-1576.
Huile sur toile, 178,4 x 198,1 cm.
The National Gallery, Londres.

Munch, un peintre horrifié ?


Edvard Munch, Le Cri, 1893.
Tempera et crayon sur carton, 91 x 73,5 cm.
Nasjonalmuseet, Oslo.


Entre 1883 et 1884, l’éruption du volcan indonésien Krakatoa est perçue jusqu’en Europe et enflamme le ciel norvégien. Dix ans plus tard, Edvard Munch s’inspire de ces couleurs flamboyantes pour peindre Le Cri. Un personnage fantomatique se tient le visage et semble hurler, debout au sein d’un paysage dénudé, enflammé à l’horizon par un ardent soleil couchant.

Plusieurs versions de cette peinture sont conservées.

En général, les critiques classent Munch dans la catégorie des peintres touchés par les épreuves de la vie, ce qui doit se refléter dans ses toiles.

L’exposition de la Tate Modern tente d’atténuer ce jugement en montrant comment il a aussi été inspiré par de simples événements du quotidien de la vie des Norvégiens au début du xxe siècle.

Le spectateur a souvent l’impression que les personnages de Munch marchent vers lui ; ce sont des acteurs en plein action. Munch peut être considéré comme l’un des précurseurs des plans du cinéma, sans doute influencé, à son époque, par son goût pour la photographie.

Si son histoire vous intrigue, vous pouvez consulter Munch, en version imprimée et ebook.

Thursday, July 5, 2012

Jeunes Messieurs, prenez-en de la graine…

Pour la plupart des jeunes Messieurs d’aujourd’hui, il faut bien l’avouer, la danse se limite à sauter dans tous les sens sur de la musique rock…

Eh bien, Mesdemoiselles, figurez-vous qu’il était un temps où ces Messieurs savaient encore se tenir dans les soirées dansantes - les boîtes de nuit de l’époque…Un temps que, malheureusement les moins de 20 ans, etc.

S’ils n’étaient pas des princes de contes de fées - qui eux aussi savent tous danser, vous l’aurez remarqué …- ils savaient au moins faire virevolter, tournoyer, chavirer (?) leur cavalière !


De gauche à droite:
Pierre-Auguste Renoir, Danse à la ville, 1883. Huile sur toile, 180 x 90 cm.
Musée d’Orsay, Paris.
Pierre-Auguste Renoir, Danse à la campagne, 1883. Huile sur toile, 180 x 90 cm.
Musée d’Orsay, Paris.
Pierre-Auguste Renoir, Danse à Bougival, 1883. Huile sur toile, 181,9 x 98,1 cm.
Museum of Fine Arts, Boston.


Regardez ces trois dames : une a les yeux mi-clos, l’autre s’appuie délicatement sur son partenaire, la troisième a les yeux délicieusement baissés à l’approche d’un baiser. Trois couples en train de danser, trois instants d’éternité. Renoir : la grâce d’un instant d’abandon capturé pour toujours sur la toile, la magie d’un présent éternel et d’un futur plein de promesses…

À bon entendeur…

Entrez dans la danse, au Museum of Fine Arts de Boston, qui présente ces trois chefs-d’œuvre jusqu’au 3 septembre 2012.

En attendant, immergez-vous dans l’univers chatoyant et sensuel de Renoir, en parcourant les pages de Renoir (version imprimée + version e-book).

Tuesday, June 12, 2012

Devinette…

Si on vous dit aquarelle, cieux, campagnes ?  Cela ne vous évoque rien ?
Passons à un autre registre… Si on vous dit bus, cabine téléphonique, baked beans et pudding ? Toujours rien ?
Alors une dernière série d’indices : thé - James Bond- une Reine et des chapeaux - Banksy ?

Bravo ! Vous avez trouvé : bienvenue en Angleterre ! Le pays des Beatles, des Rolling Stones et de Vivienne Westwood! Sous des dehors très stricts, le pays champion de la contre-culture et de la culture underground ! Quel autre pays serait capable de faire d’une jarretière, une décoration !!

Cet esprit si « controversial », ne croyez pas qu’il soit né avec les années soixante, Polly Maggoo et Carnaby Street… La peinture anglaise a établi sa renommée avec ses portraits, et surtout avec ses paysages. Or, les peintres considérés aujourd’hui comme des « grands maîtres » du genre ont brisé les règles artistiques de leur époque, quitte à parfois passer pour des excentriques...


John Constable, Stonehenge, 1835. Aquarelle sur papier, 38,7 x 59,7 cm. Victoria and Albert Museum, Londres.


Même s’ils ont intégré les institutions académiques de leur époque, ces peintres ont su, à des degrés divers, ouvrir des perspectives nouvelles, mêlant innovation des techniques et audace dans la recherche. Constable (xviiie - xixe siècle) quittant son atelier pour peindre en extérieur ou Turner (même époque) qui, selon la légende, se serait attaché à un mât de bateau pour mieux s’imprégner de l’atmosphère d’un naufrage !


Château de Warkworth, Northumberland - orage approchant au crépuscule, 1799. Aquarelle sur papier blanc, 52,1 x 74,9 cm. Victoria and Albert Museum, Londres.


Si vous aimez le Middlesex et le Sussex, visitez l’exposition « So Peculiarly English: topographical watercolours », présentée au Victoria and Albert Museum, à Londres, du 07 juin 2012 au 01 mars 2013.

Si, au contraire, vous trouvez les œuvres ennuyeuses et sans intérêt, ne cédez pas à la tentation d’imiter les supporters anglais : ne vous dénudez pas, même si la tentation est grande, je l’avoue… À moins que vous ne souhaitiez goûter aussi au charme de Scotland Yard !

Dans tous les cas, perdez-vous dans les paysages et laissez-vous bercer par la lumière enchanteresse des aquarelles de Turner. Nos e-books - sur Turner, mais aussi sur d’autres peintres - contiennent des reproductions de très haute qualité.

«Waterloo, Waterloo, morne plaine…» Ok, je n’aime pas trop Le Champ de Waterloo, de Turner. Mais franchement, il n’y a qu’un Anglais pour faire d’une défaite un chef-d’œuvre !!

Thursday, June 7, 2012

Vendez votre âme au diable…

Qui n’a pas été effrayé, enfant, par « le monstre caché dans le placard » ou par la séquence de La Nuit sur le Mont-Chauve, dans Fantasia de Disney ? Qui n’a pas été impressionné, adulte, par les griffures sur le corps de Mia Farrow dans Rosemary’s Baby ou par la scène dans la cabine d’essayage dans L’Associé du diable ? Qui, enfin, peut oublier le visage de la jeune Linda Blair et la voix de Pazuzu après avoir vu L’Exorciste ?

Au xxe siècle, la religion chrétienne imprègne moins les croyances des individus que par le passé, et pourtant le diable semble nous obséder plus que jamais… En effet, le personnage du diable nourrit toujours l’imaginaire des romanciers, des auteurs de BD ou des réalisateurs.

Si le Moyen Âge et la Renaissance décrivaient souvent un diable effrayant et repoussant, le xixe siècle, avec les courants romantique et symboliste, en a fait un personnage dont toute la séduction réside dans ce subtil mélange entre répulsion et attirance…


Légende de gauche: Eugène Delacroix, Mephistopheles Flying Over Wittenberg, (Méphistophélès dans les Airs), 1828.
Bibliothèque nationale de France, Paris.
Légende de droite: Michael Pacher, "Saint Wolfgang and the Devil", panel of Pacher's "Fathers of the Church" altarpiece, (detail), c. 1483.
Alte Pinakothek, Munich.


De Gérard Philipe en Méphistophélès à Al Pacino en homme de pouvoir du New York contemporain, les exemples de diables séducteurs – et séduisants ! – ne manquent pas à notre époque… Suivez l’exemple de Marguerite… À votre tour de succomber…


Légende de gauche: Eugène Delacroix, Mephistopheles trying to seduce Marguerite, 1828.
Musée Delacroix, Paris.
Légende de droite: Gérard Philipe as Mephistopheles in René Clair's film La Beauté du diable, 1950.


Exorcisez vos peurs en visitant l’exposition Heaven, Hell, and Dying Well: Images of Death in the Middle Ages, au J. Paul Getty Museum jusqu’au 12 août 2012.
En attendant, signez vous aussi le pacte avec Satan et vendez-lui votre âme : l’e-book  L’Art du Diable contient de superbes reproductions de très haute qualité !