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Thursday, May 2, 2013
Impressionism: a Disney movie without all of the singing
Nature? Good. Romance? I can dig it. Impressionism? Bite me. You know what Impressionism is? It’s a beautiful, made-up, dream-like view at an otherwise harsh, sometimes cruel reality. Impressionism is to art viewers what Disney movies are to the generation of 20-somethings that grew up expecting perfect hair, woodland friends, and Prince Charming – not to mention the desire to go around singing about everything all of the damn time.
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Friday, August 24, 2012
Hopper fait du cinéma
J’ai beaucoup aimé le film « L’Arnaque », avec Robert Redford et Paul Newman. Vous vous souvenez peut-être de cette scène : un café en coin de rue, Robert Redford assis face à une tasse de café, une femme brune le regarde. C’est la tueuse possédant le contrat lancé sur la tête de Robert.
Chaque fois que je revois ce film, j’ai l’impression de rentrer dans un tableau de Hopper. Un homme, une femme, solitaires, le regard perdu vers l’horizon sans fin ; des lumières oranges, vertes, qui viennent balayer avec délicatesse des visages blanchâtres.

Edward Hopper, Oiseaux de nuit, 1942.
Huile sur toile, 84,1 x 152,4 cm.
The Art Institute of Chicago, Chicago.
Cette atmosphère des films américains des années 40 et 50 correspond à une période qui rimait avec Clark Gable, Cary Grant, Humphrey Bogart, Lauren Bacall ou Rita Hayworth. C’était le cinéma d’avant « The Artist » ou de la 3D. La télévision n’avait pas franchi le seuil de nos maisons.
Les tableaux de Hopper nous font rentrer dans cette Amérique, celle des souvenirs. C’était le temps ou le cow-boy de Time Square fumait sans interdit, ou le whisky n’était pas un péché, le sexe pas un crime. L’Amérique de rêves et des espérances.
Une rétrospective « Hopper » est actuellement visible au Museo Thyssen Bornemisza de Madrid, jusqu’au 16 septembre. À partir du 6 octobre, le Grand Palais de Paris offrira aussi aux amateurs de Hopper, une exposition sur son travail. Vous pouvez préparer et compléter ces deux visites avec cette monographie sur Hopper de Gerry Souter.
Chaque fois que je revois ce film, j’ai l’impression de rentrer dans un tableau de Hopper. Un homme, une femme, solitaires, le regard perdu vers l’horizon sans fin ; des lumières oranges, vertes, qui viennent balayer avec délicatesse des visages blanchâtres.
Edward Hopper, Oiseaux de nuit, 1942.
Huile sur toile, 84,1 x 152,4 cm.
The Art Institute of Chicago, Chicago.
Cette atmosphère des films américains des années 40 et 50 correspond à une période qui rimait avec Clark Gable, Cary Grant, Humphrey Bogart, Lauren Bacall ou Rita Hayworth. C’était le cinéma d’avant « The Artist » ou de la 3D. La télévision n’avait pas franchi le seuil de nos maisons.
Les tableaux de Hopper nous font rentrer dans cette Amérique, celle des souvenirs. C’était le temps ou le cow-boy de Time Square fumait sans interdit, ou le whisky n’était pas un péché, le sexe pas un crime. L’Amérique de rêves et des espérances.
Une rétrospective « Hopper » est actuellement visible au Museo Thyssen Bornemisza de Madrid, jusqu’au 16 septembre. À partir du 6 octobre, le Grand Palais de Paris offrira aussi aux amateurs de Hopper, une exposition sur son travail. Vous pouvez préparer et compléter ces deux visites avec cette monographie sur Hopper de Gerry Souter.
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Friday, July 13, 2012
L’Angoisse de la faille
Deux adolescents sur une terrasse un soir d’été, une femme sur le pas de sa porte vers midi, une autre qui s’habille dans sa chambre le matin… A priori rien de bien inquiétant, et pourtant…
Les toiles de Hopper déclenchent toujours en moi quelque chose d’indéfinissable, entre l’inquiétude, le mal-être et la peur diffuse. La sourde angoisse de la permanence des choses. Si elles sont situées très précisément dans le temps et dans l’espace, ses œuvres montrent des situations telles qu’elles ont toujours été et telles qu’elles seront toujours. On a l’impression d’un instant en même temps déterminé et éternel, comme une sorte de faille dans le temps. L’impression d’être au bord de l’éternité et que l’on va y basculer…

Soleil de midi, 1949.
Huile sur toile, 68,6 x 99, 1 cm.
The Dayton Art Institute, Dayton, Ohio.
Don de M. et Mme Anthony Haswell.

Soir d’été, 1947.
Huile sur toile, 76,2 x 106,7 cm.
Collection de M. et Mme Gilbert H. Kinney.
Cette impression d’angoissante lourdeur est renforcée par le lissé de la couleur et le rendu de la lumière, jamais choisie au hasard.
Rassurez-vous ! Beaucoup de gens - même s’ils remarquent la présence de personnages pensifs voire dépressifs - ne voient dans les œuvres de Hopper qu’un intérêt « technique » : la description de l’Amérique des classes moyennes.
Si vous vous sentez suffisamment fort pour résister à la délicieusement malsaine séduction de ses toiles, rendez-vous à Madrid ! Le Museo Thyssen-Bornemisza présente environ 70 de ses huiles, jusqu’au 16 septembre 2012.
Pour exorciser vos peurs existentielles, dites-vous qu’elles aussi vous ont précédé. En attendant, mithridatisez-vous avec le Hopper (version imprimée / version e-book).
Les toiles de Hopper déclenchent toujours en moi quelque chose d’indéfinissable, entre l’inquiétude, le mal-être et la peur diffuse. La sourde angoisse de la permanence des choses. Si elles sont situées très précisément dans le temps et dans l’espace, ses œuvres montrent des situations telles qu’elles ont toujours été et telles qu’elles seront toujours. On a l’impression d’un instant en même temps déterminé et éternel, comme une sorte de faille dans le temps. L’impression d’être au bord de l’éternité et que l’on va y basculer…
Soleil de midi, 1949.
Huile sur toile, 68,6 x 99, 1 cm.
The Dayton Art Institute, Dayton, Ohio.
Don de M. et Mme Anthony Haswell.
Soir d’été, 1947.
Huile sur toile, 76,2 x 106,7 cm.
Collection de M. et Mme Gilbert H. Kinney.
Cette impression d’angoissante lourdeur est renforcée par le lissé de la couleur et le rendu de la lumière, jamais choisie au hasard.
Rassurez-vous ! Beaucoup de gens - même s’ils remarquent la présence de personnages pensifs voire dépressifs - ne voient dans les œuvres de Hopper qu’un intérêt « technique » : la description de l’Amérique des classes moyennes.
Si vous vous sentez suffisamment fort pour résister à la délicieusement malsaine séduction de ses toiles, rendez-vous à Madrid ! Le Museo Thyssen-Bornemisza présente environ 70 de ses huiles, jusqu’au 16 septembre 2012.
Pour exorciser vos peurs existentielles, dites-vous qu’elles aussi vous ont précédé. En attendant, mithridatisez-vous avec le Hopper (version imprimée / version e-book).
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La mirada de Hopper
Si hablo de Edward Hopper, es muy probable que el primer cuadro que te venga a la cabeza sea Nighthawks (Noctámbulos), esos tres clientes sentados en la barra de un diner atendidos por un camarero de blanco inmaculado y vistos desde una calle completamente desierta que ha dado lugar a incontables imitaciones y evocaciones. Pues bien, precisamente ese cuadro no podrás verlo en la exposición temporal organizada por el Museo Thyssen-Bornemisza y la Réunion des musées nationaux de Francia, pero quizá con más razón deberías acercarte a disfrutar de las otras 73 obras del artista que sí han logrado reunir en «Hopper», a secas. Y es que no hace falta decir más.
Se le considera el mejor pintor estadounidense del siglo XX y vivió en aquella época terrible en la que el país de la libertad despertó abruptamente del mascado «Sueño Americano». Meticuloso hasta la médula y algo misántropo, Hopper tuvo unos comienzos difíciles, en los que sufrió el mayor desdén y escarnio por parte de la crítica y el público: la pura ignorancia. Es un representante del realismo social, pero tal como defienden los organizadores de la exposición, clava sus raíces en el impresionismo europeo. Esto se hace patente en el papel preponderante de la luz, que no solo domina las composiciones, sino que también está presente en los títulos de sus obras: Mañana en Carolina del Sur (1955), Mañana en una ciudad (1944), Sol de mañana (1952), Conferencia por la noche (1949), etc.
Además, Hopper fue un gran historiador que retrató fielmente la soledad y el aislamiento del hombre en el mundo urbanizado. Sus paisajes son espacios ásperos, hostiles y desolados y sus escenas de interior representan situaciones típicas y vulgares, algo simplificadas. No obstante, esta sencillez es solo aparente, pues sus cuadros están impregnados de narratividad implícita, esto es, cuentan historias familiares sobre la vida en la ciudad, la soledad, la melancolía y la complejidad de las relaciones interpersonales.

Edward Hopper, Eleven a. m. (Once a. m.), 1926.
Óleo sobre lienzo, 71,3 x 91,6 cm.
Smithsonian Institution, Hirshhorn
Museum and Sculpture Garden,
Washington, D.C.
Hopper nos convierte en voyeurs que disfrutan contemplando la melancolía, la banalidad y la inmensa soledad reinantes en las intimidades de otros. El realismo es lo que tiene, interpreta la vida tal como es, sin tapujos y sin medias tintas, y nos la estampa en la cara. Sus figuras transitan por un mundo que no pinta nada bien. Son retratos estáticos de personas en movimiento. Y nosotros podemos inventar sus historias, conmovernos con sus vidas truncadas, leer la tristeza en sus semblantes y, quizá, reconocernos en ella a nosotros mismos.

Edward Hopper, Verano en la ciudad, 1949.
Óleo sobre lienzo, 50,8 x 76,2 cm.
Berry-Hill Galleries, Inc., Nueva York.
Nada nos prohíbe estar tristes de cuando en cuando. A veces, es el único remedio sensato, pues de todos es sabido que la alegría en estómago vacío no cae nada bien. Así pues, si adoleces de esa melancolía que llena los espacios entre un gozo y otro o si quieres sentirte solo entre la multitud, no te pierdas la exposición «Hopper» abierta hasta el 16 de septiembre de 2012. Si no te es posible, no te inquietes; siéntate, reposa los codos sobre el regazo, e imprégnate de realidad con Hopper allí donde estés.
Se le considera el mejor pintor estadounidense del siglo XX y vivió en aquella época terrible en la que el país de la libertad despertó abruptamente del mascado «Sueño Americano». Meticuloso hasta la médula y algo misántropo, Hopper tuvo unos comienzos difíciles, en los que sufrió el mayor desdén y escarnio por parte de la crítica y el público: la pura ignorancia. Es un representante del realismo social, pero tal como defienden los organizadores de la exposición, clava sus raíces en el impresionismo europeo. Esto se hace patente en el papel preponderante de la luz, que no solo domina las composiciones, sino que también está presente en los títulos de sus obras: Mañana en Carolina del Sur (1955), Mañana en una ciudad (1944), Sol de mañana (1952), Conferencia por la noche (1949), etc.
Además, Hopper fue un gran historiador que retrató fielmente la soledad y el aislamiento del hombre en el mundo urbanizado. Sus paisajes son espacios ásperos, hostiles y desolados y sus escenas de interior representan situaciones típicas y vulgares, algo simplificadas. No obstante, esta sencillez es solo aparente, pues sus cuadros están impregnados de narratividad implícita, esto es, cuentan historias familiares sobre la vida en la ciudad, la soledad, la melancolía y la complejidad de las relaciones interpersonales.
Edward Hopper, Eleven a. m. (Once a. m.), 1926.
Óleo sobre lienzo, 71,3 x 91,6 cm.
Smithsonian Institution, Hirshhorn
Museum and Sculpture Garden,
Washington, D.C.
Hopper nos convierte en voyeurs que disfrutan contemplando la melancolía, la banalidad y la inmensa soledad reinantes en las intimidades de otros. El realismo es lo que tiene, interpreta la vida tal como es, sin tapujos y sin medias tintas, y nos la estampa en la cara. Sus figuras transitan por un mundo que no pinta nada bien. Son retratos estáticos de personas en movimiento. Y nosotros podemos inventar sus historias, conmovernos con sus vidas truncadas, leer la tristeza en sus semblantes y, quizá, reconocernos en ella a nosotros mismos.
Edward Hopper, Verano en la ciudad, 1949.
Óleo sobre lienzo, 50,8 x 76,2 cm.
Berry-Hill Galleries, Inc., Nueva York.
Nada nos prohíbe estar tristes de cuando en cuando. A veces, es el único remedio sensato, pues de todos es sabido que la alegría en estómago vacío no cae nada bien. Así pues, si adoleces de esa melancolía que llena los espacios entre un gozo y otro o si quieres sentirte solo entre la multitud, no te pierdas la exposición «Hopper» abierta hasta el 16 de septiembre de 2012. Si no te es posible, no te inquietes; siéntate, reposa los codos sobre el regazo, e imprégnate de realidad con Hopper allí donde estés.
Hopper: drudgery and dysthymia
Edward Hopper is being celebrated with an exhibition dedicated to his life and works in the Museo Thyssen-Bornemisza in Madrid, amassing an impressive 73 out of his 366 canvases. He would have hated this. Bitter as he was about the late recognition of his art, he avoided his own exhibitions, using them as a platform to get his paintings sold, in order to carry on living his simple and reclusive lifestyle.
Hopper has to be the least fitting name for an artist as misanthropic as he. He was an introvert with a wry sense of humour, who would fall into great periods of melancholy, pierced on occasion by flashes of brilliant inspiration. But great art comes from great depression. Take the obvious example, Van Gogh, whose struggle with manic depression led him to paint some of the most celebrated art in history. Other, lesser known depressives included William Blake, Gauguin, Pollock, Miró, and even Michelangelo. I’m not saying you have to be depressed to be an artist, but it helps. The irony is that Hopper was one of the few artists whose careers actually flourished during the Great Depression.

Edward Hopper, Eleven A.M., 1926.
Oil on canvas, 71.3 x 91.6 cm.
Smithsonian Institution, Hirshhorn
Museum and Sculpture Garden,
Washington, D.C.
It takes a pessimist to be able view life through a realist lens. Hopper’s work strikes a chord with people not because it gives them a cheery nod to the future, but because it reflects the banality, solitude, loneliness and boredom of moments in our own lives, and says to us: “Hey, you know what? It’s ok if you want to sit in your knickers and stare out of the window all day − people did it in the 1920s too!” For many of us, it reflects the poignancy of relationships, and the bitterness of a break-up. If there is a couple, the intimacy has gone, and each is resigned to the fate of either an imminent split or a life of regrets, each wallowing in their own well of ‘what ifs’.

Edward Hopper, Summer in the City, 1949.
Oil on canvas, 50.8 x 76.2 cm.
Berry-Hill Galleries, Inc., New York.
Think you can create world-class art with a canvas, some paints, and optimism alone? Then think again, preferably in your underwear, staring into space.
You can still see Hopper’s works at the Hopper exhibition, at the Museo Thyssen-Bornemisza, until 16 September 2012. Get to know the artist, and what made him tick, with this detailed art book about Hopper’s life and times.
Hopper has to be the least fitting name for an artist as misanthropic as he. He was an introvert with a wry sense of humour, who would fall into great periods of melancholy, pierced on occasion by flashes of brilliant inspiration. But great art comes from great depression. Take the obvious example, Van Gogh, whose struggle with manic depression led him to paint some of the most celebrated art in history. Other, lesser known depressives included William Blake, Gauguin, Pollock, Miró, and even Michelangelo. I’m not saying you have to be depressed to be an artist, but it helps. The irony is that Hopper was one of the few artists whose careers actually flourished during the Great Depression.
Edward Hopper, Eleven A.M., 1926.
Oil on canvas, 71.3 x 91.6 cm.
Smithsonian Institution, Hirshhorn
Museum and Sculpture Garden,
Washington, D.C.
It takes a pessimist to be able view life through a realist lens. Hopper’s work strikes a chord with people not because it gives them a cheery nod to the future, but because it reflects the banality, solitude, loneliness and boredom of moments in our own lives, and says to us: “Hey, you know what? It’s ok if you want to sit in your knickers and stare out of the window all day − people did it in the 1920s too!” For many of us, it reflects the poignancy of relationships, and the bitterness of a break-up. If there is a couple, the intimacy has gone, and each is resigned to the fate of either an imminent split or a life of regrets, each wallowing in their own well of ‘what ifs’.
Edward Hopper, Summer in the City, 1949.
Oil on canvas, 50.8 x 76.2 cm.
Berry-Hill Galleries, Inc., New York.
Think you can create world-class art with a canvas, some paints, and optimism alone? Then think again, preferably in your underwear, staring into space.
You can still see Hopper’s works at the Hopper exhibition, at the Museo Thyssen-Bornemisza, until 16 September 2012. Get to know the artist, and what made him tick, with this detailed art book about Hopper’s life and times.
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