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Friday, August 24, 2012

Hopper fait du cinéma

J’ai beaucoup aimé le film « L’Arnaque », avec Robert Redford et Paul Newman. Vous vous souvenez peut-être de cette scène : un café en coin de rue, Robert Redford assis face à une tasse de café, une femme brune le regarde. C’est la tueuse possédant le contrat lancé sur la tête de Robert.

Chaque fois que je revois ce film, j’ai l’impression de rentrer dans un tableau de Hopper. Un homme, une femme, solitaires, le regard perdu vers l’horizon sans fin ; des lumières oranges, vertes, qui viennent balayer avec délicatesse des visages blanchâtres.


Edward Hopper, Oiseaux de nuit, 1942.
Huile sur toile, 84,1 x 152,4 cm.
The Art Institute of Chicago, Chicago.


Cette atmosphère des films américains des années 40 et 50 correspond à une période qui rimait avec Clark Gable, Cary Grant, Humphrey Bogart, Lauren Bacall ou Rita Hayworth. C’était le cinéma d’avant « The Artist » ou de la 3D. La télévision n’avait pas franchi le seuil de nos maisons.

Les tableaux de Hopper nous font rentrer dans cette Amérique, celle des souvenirs. C’était le temps ou le cow-boy de Time Square fumait sans interdit, ou le whisky n’était pas un péché, le sexe pas un crime. L’Amérique de rêves et des espérances.

Une rétrospective « Hopper » est actuellement visible au Museo Thyssen Bornemisza de Madrid, jusqu’au 16 septembre. À partir du 6 octobre, le Grand Palais de Paris offrira aussi aux amateurs de Hopper, une exposition sur son travail. Vous pouvez préparer et compléter ces deux visites avec cette monographie sur Hopper de Gerry Souter.

 

Tuesday, August 14, 2012

Jasper Johns – symbole de la fierté américaine ?

Le Whitney Museum a créé une exposition autour du thème du patriotisme. Le travail de nombreux artistes américains, comme Hopper ou Charles Ray, est présenté afin d’étudier l’expression du sentiment de fierté de la nation. Comment l’art provoque-t-il une émotion qui provoque chez le spectateur le sentiment d’appartenir à une nation ?

En cette période de jeux olympiques, le thème est plutôt bien trouvé, surtout dans un pays construit autour du patriotisme. Les visiteurs ne manqueront pas.


Jasper Johns, Drapeau, 1954-1955.
Encaustique, huile et collage sur tissue monté sur contreplaqué, trois panneaux, 107,3 x 153,8 cm.
Museum of Modern Art, New York.



Jasper Johns, Carte, 1961.
Huile sur toile, 198,2 x 314,7 cm.
Museum of Modern Art, New York.


Les toiles de Jasper Johns sur le drapeau et le continent américain paraissent être les meilleurs témoignages possibles de ce sentiment. Quel meilleur symbole que le drapeau de son pays ? Cependant le choix de ce thème n’était pas aussi simpliste pour Johns. Cela peut aussi être une référence à son service militaire, ou une réaction contre l’art de l’époque (les expressionnistes abstraits comme Rothko) qui préférait des toiles lisses, sans représentations d’objets.

En complément de cette exposition et afin de découvrir l’œuvre de Johns, vous pouvez parcourir les pages de Jasper Johns.