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Tuesday, May 28, 2013

Líneas españolas

Cuando uno hace un rápido repaso mental a sus obras de arte favoritas, es posible que haya más de un dibujo en la lista. Hoy somos capaces de mirar un dibujo con el mismo interés que una pintura, pero conviene recordar que esta es una actitud propia de nuestra sensibilidad moderna y, por tanto, muy reciente. Antes del siglo XIX, antes de la aparición del espíritu romántico, los dibujos cumplían un papel estrictamente secundario. No eran más que bocetos para futuros cuadros o, en el mejor de los casos, arrebatos de libertad del artista. De ninguna manera, sin embargo, estos dibujos podían competir con un cuadro. Cierto que hay excepciones (Durero y Rembrandt son los más evidentes), pero si hacemos un repaso a la historia del arte, debemos esperar a Goya para ver el dibujo convertido en una disciplina merecedora de una apreciación puramente estética.

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F. Zurbarán (atribuido a), Cabeza de monje, c. 1635-55.
Lápiz negro, aguada y tinta sobre papel, 276 x 195 mm.
The Trustees of the British Museum.


Wednesday, November 7, 2012

Avec ou sans Formes ?

Un corps parfait. C’est ce que prône la mode du XXIᵉ siècle. À l’époque où la maigreur est de mise, où le naturel tend à disparaître au profit du superficiel, où, à en observer les magazines et les mentalités, seules les femmes très minces sont considérées comme « belles », que penser des célèbres nus de Rubens ? Ces nus bien en chair, voluptueux, aux formes généreuses, ces corps d’une blancheur extrême mais surtout d’une sensualité sans précédent que le maître du Baroque prenait plaisir à réaliser ?

Une adolescente penserait probablement  des Trois Grâces qu’elles sont : «  grasses ». Personnellement,  je pense que Rubens, par son talent et sa façon de peindre, a le don de nous réconcilier avec les formes, tant ses nus sont sensuels voire érotiques.

Le cadre idyllique, la lumière, les couleurs et le voile transparent ne font qu’accentuer cette sensualité hors du commun. Ces trois divinités ne sont que poésie et séduction.

Il est évident que ces nus choquèrent à l’époque, mais Rubens s’en souciait peu et considérait la représentation du corps humain comme naturelle.


Pierre Paul Rubens, Les Trois Grâces, 1639,
181 x 221 cm, Huile sur bois, Museo del Prado, Madrid


 


Pierre Paul Rubens, Vénus au miroir, 1616.


 

Les choses en sont autrement aujourd’hui, et justement, si Rubens vivait à notre époque,  réaliserait-il toujours des nus aussi voluptueux ? Ou bien se plierait-il aux canons de beauté actuels en représentant trois « Grâces » nues et très minces ?  Le résultat semble aussi ironique que difficile à imaginer, même si, à l’époque de Photoshop tout reste envisageable. C’est exactement ce qu’a fait l’artiste italienne Anna Utopia Giordano, qui a choisi de détourner avec ce même logiciel les Vénus les plus connues, selon les canons actuels. Le résultat en est surprenant.


Botticelli, La Naissance de Vénus, 1484.                          Anna Utopia Giordano, La Naissance de Vénus


Il n’appartient maintenant qu’à vous d’imaginer à quoi pourraient ressembler les œuvres de Rubens retouchées de cette manière et d’en  juger quel serait le corps parfait : avec ou sans formes ?

Pour  admirer les œuvres de Rubens vous pouvez vous rendre au Von der Heydt-Museum de Wupperta en Allemagne du 16 octobre 2012 au 28 février 2013 ou bien consulter le livre intitulé Peter Paul Rubens écrit par Victoria Charles et édité par Parkstone.